Infection à virus Chikungunya à La Réunion en 2005–2006 : formes graves émergentes de l’adulte en réanimation

Auteurs

  • B. -A. Gaüzère site centre hospitalier Félix-Guyon
  • M. Bohrer site centre hospitalier Félix-Guyon
  • D. Drouet site centre hospitalier Félix-Guyon
  • P. Gasque université de la Réunion
  • M. -C. Jaffar-Bandjee université de la Réunion
  • L. Filleul Cellule de l’InVS en région Océan Indien ARS Océan Indien
  • D. Vandroux site centre hospitalier Félix-Guyon

DOI :

https://doi.org/10.1007/s13546-011-0261-z

Mots-clés :

Ventilation artificielle, Volume constant, Mode assisté contrôlé, Courbes du ventilateur, Asynchronie

Résumé

L’épidémie de Chikungunya, arbovirose transmise par les moustiques, est apparue à La Réunion et à Mayotte en avril 2005, les premiers cas ayant été importés des Comores. À l’automne 2005 apparaissaient des formes graves de cette maladie, qui n’avaient pas été décrites jusqu’alors. À la faveur de l’été austral, le début de l’année 2006 a été marqué par une progression exponentielle de l’épidémie, qui a connu un pic à 45 000 cas par semaine. Au total, le virus du Chikungunya (vCHIK) a touché près de 270 000 personnes à La Réunion depuis le mois d’avril 2005. Nous rapportons une série de 43 cas graves d’infection à vCHIK admis dans le service de réanimation polyvalente du centre hospitalier Félix-Guyon à Saint-Denis, de mai 2005 à mai 2006, et analysons l’impact de cette épidémie sur le fonctionnement du service. Les modes de présentation ont été des formes neurologiques graves (méningoencéphalite, n = 5; polyradiculonévrite, n = 2), des atteintes hépatiques graves (n = 5), une décompensation d’un état pathologique antérieur (cardiopathie des décompensations, n = 7; arrêt cardiaque, n = 4; autres décompensations, n = 18). Vingt et un décès sont survenus. Sur le plan organisationnel, la moitié des lits était occupée par des patients infectés par le vCHIK. L’activité s’est maintenue à flux tendu, 20 % du personnel ayant été touché par l’épidémie. Nous avons ainsi été confrontés à la nécessité d’ouvrir des lits supplémentaires dans l’unité. Cette étude décrit des formes cliniques émergentes graves jusqu’alors inconnues d’infection à vCHIK, la gravité étant liée aux comorbidités des patients. Le Chikungunya n’est plus seulement une maladie tropicale après ses incursions en Italie, en 2007 et dans le sud de la France, en 2010. Il doit donc être connu des réanimateurs des pays tempérés.

Téléchargements

Publiée

2011-04-01

Comment citer

Gaüzère, B. .-A., Bohrer, M., Drouet, D., Gasque, P., Jaffar-Bandjee, M. .-C., Filleul, L., & Vandroux, D. (2011). Infection à virus Chikungunya à La Réunion en 2005–2006 : formes graves émergentes de l’adulte en réanimation. Médecine Intensive Réanimation, 20(3), 211–222. https://doi.org/10.1007/s13546-011-0261-z

Numéro

Rubrique

Mise au point