Anticorps bispécifiques en onco-hématologie
Une révolution en onco-hématologie : les anticorps bispécifiques. L’essentiel à connaître pour les réanimateurs.
DOI :
https://doi.org/10.37051/mir-34-002321Mots-clés :
syndrome de relargage cytokinique, Anticorps monoclonaux, Encéphalopathie aiguë, hématologie maligneRésumé
Les anticorps bispécifiques recruteurs de lymphocytes T (ou BITE pour Bispecific T-cell Engagers) ont révolutionné la prise en charge de certaines hémopathies : leucémie aiguë lymphoblastique B, lymphome B diffus à grandes cellules ou myélome multiple, en échec de traitement habituel. Pour plus de lisibilité, ils seront désignés dans la suite de cette revue sous le terme générique d’« anticorps bispécifiques ». Ils ont amélioré significativement la survie de patients jusqu’alors considérés comme incurables. Les anticorps bispécifiques ont, par définition, deux spécificités : un marqueur ciblant le système immunitaire (généralement le lymphocyte T via le CD3) et un marqueur ciblant un antigène tumoral. Ils ont une action antitumorale directe en rapprochant physiquement les acteurs du système immunitaire des cellules tumorales et en activant les lymphocytes T (prolifération, différenciation, dégranulation de molécules cytotoxiques et production de cytokine pro-inflammatoire) au contact de celles-ci. Les essais thérapeutiques ainsi que les indications des anticorps bispécifiques sont en pleine expansion. Si leur place est affirmée en hématologie (leucémie aiguë lymphoblastique B, myélome multiple, lymphome folliculaire, lymphome B diffus à grandes cellules), elle débute seulement en oncologie solide et s’étend progressivement à certaines maladies de système. Ces thérapeutiques sont sources de complications similaires à celles induites par les CAR-T cells : syndrome de relargage cytokinique, toxicité neurologique spécifique, sepsis et choc septique, cytopénie. Ces complications, bien que deux fois moins fréquentes environ que chez les patients traités par CAR-T cells, peuvent mettre en jeu le pronostic vital et nécessiter l’admission en réanimation. Les patients admis en réanimation à la suite d’un traitement par anticorps bispécifique sont encore peu décrits. Cette revue générale à destination des réanimateurs fait le point sur le mécanisme d’action, les indications et les complications des anticorps bispécifiques.