Corticothérapie systémique dans l’Exacerbation aigue de BPCO : vers une prescription personnalisée guidée par l’éosinophilie ?
Éosinophilie : une stratégie d’épargne corticoïde
DOI :
https://doi.org/10.37051/mir-34-002407Mots-clés :
BPCO, Corticoïdes, Eosinophile, Inflammation type 2, Médecine de précisionRésumé
Objectif :
Les exacerbations aigues de BPCO (EABPCO) sont hétérogènes et ne devraient pas être traitées de manière uniforme. La nouvelle approche consiste à identifier des caractéristiques traitables (comme des phénotypes et endotypes) afin d’adapter le traitement corticostéroïde systémiques, qui semble surtout bénéfiques dans les formes éosinophiliques.
L'article vise à promouvoir une approche personnalisée de la corticothérapie systémique dans les EABPCO, en remettant en question la prescription systématique au profit d'une stratification basée sur l'éosinophilie sanguine comme biomarqueur prédictif de bénéfice, tout en tenant compte de l'hétérogénéité phénotypique des exacerbations
Méthodes :
Il s'agit d'une revue narrative intégrant des données d'essais cliniques randomisés (ERC), d'études observationnelles rétrospectives et prospectives, ainsi que d'analyses post-hoc sur l'efficacité et les risques de la corticothérapie chez des patients hospitalisés ou en réanimation, avec un focus sur les endotypes inflammatoires (bactérien, viral, éosinophilique, pauci-inflammatoire)
Résultats :
Les corticostéroïdes systémiques améliorent la fonction respiratoire dans les EABPCO modérées mais n'impactent pas la mortalité en réanimation sévère. L’éosinophilie sanguine (≥2% ou ≥300/µL) prédit un meilleur pronostic et une réponse supérieure aux corticoïdes. Les études disponibles démontrent la non-infériorité d'une stratégie d'épargne (réduction de 33-49% des prescriptions sans augmentation du risque d'échec thérapeutique).
Conclusion :
La prescription corticoïde personnalisée guidée par l'éosinophilie sanguine s'impose pour optimiser les bénéfices et minimiser les risques de la corticothérapie dans les EABPCO, réservant les corticoïdes aux endotypes de type 2. Des défis logistiques persistent, mais cette médecine de précision marque un changement de paradigme par rapport au "one size fits all".